Résumé : Morterive, château médiéval de la Corrèze profonde dont un vieux châtelain tente de retarder la ruine, c'est, en ce début des années 60, tout un ordre ancien qui s'écroule. Au pied de ce château, un jeune homme pauvre joue de l'harmonica pour la jolie héritière des donjons dévastés. Martin, placé chez des fermiers voisins, est timide, laid et sans grand avenir. Celui de Laure n'est guère plus brillant. Déchirée entre un père qui va mourir et un frère qui la déteste, c'est une triste pension qui l'attend. Et pourtant une grâce mystérieuse semble émaner de ces deux adolescents bien décidés à chasser leurs fantômes, leurs peurs et leur solitude. Si l'amour peut transformer un visage et le courage forcer la fortune, tout peut changer bientôt. Comme il leur tarde de vieillir de quelques années ! Avec Gilbert Bordes, il ne suffit que des premières phrases pour nous faire basculer dans ce monde paysan qu'il affectionne particulièrement. Un cheval sous la lune ne faillit pas à la tradition. Nous somme très vite entraînés en Corrèze, dans les années 60, pour accompagner Martin, jeune homme de 18 ans qui est placé par l'Aide Sociale auprès d'un vieux couple de fermiers pour y attendre sa majorité. A son grand étonnement, Martin va y trouver un "nid" où se pelotonner les soirs d'hiver et à l'ombre du château qui surplombe Morterive, va connaître ses premiers émois aux côtés de Laure, la fille du comte. L'enfance, et ici la fin de l'adolescence, a toujours eu une place de choix dans les œuvres de Bordes. A travers cette tranche de vie douce amère, le lecteur plonge un demi-siècle en arrière, dans cette France profonde que le progrès n'a pas encore transformée. Ce qui, par moment, déroute car on ne sait plus trop à quelle époque se déroule le récit. Les écrits de Gilbert Bordes sont souvent tendres et teintés de mélancolie. Un cheval sous la lune n'échappe pas à la règle. La plume de Bordes est toujours aussi aiguisée pour décrire simplement, mais parfaitement, l'atmosphère qui entoure ses personnages. le livre se lit très rapidement, et malgré les thèmes parfois graves qui y sont abordés, voire effleurés, il laisse une impression de légèreté une fois la dernière page tournée.